Revue matos de dingo pour une hivernale autour de la Baltique


Nous sommes à l’aube d’un nouveau départ : 6000km à vélo en plein hiver de Hambourg en Allemagne à … Hambourg en Allemagne ! On passera par le nord de la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, la Finlande, la Suède et le Danemark, afin de boucler un grand tour de la Mer Baltique. Nous nous donnons 5 mois pour réaliser ce projet et prévoyons un équipement hivernal adéquat.



“Vous êtes sûrs que vous voulez y aller à vélo ? Vous êtes vraiment sûrs de vous ? Vous savez, l'hiver chez nous c’est difficile…”


- Oui madame !


Lorsqu’Inija, une lituanienne que nous souhaitons rencontrer, nous pose la question trois fois avant d’aller plus loin lors d’une conversation téléphonique, c’est que l’hiver dans les pays baltes, dans le Nord en général ne doit vraiment pas être de la rigolade. Entre nous, on s’en doute un peu. Sophie aime bien s’aventurer en Scandinavie l’hiver et au Svalbard, elle connaît le -30°C et Jérémy est un habitué des cimes enneigées avec son piolet et ses skis.


- Croyez-nous, nous venons chez vous magnétisés par notre quête et on se doute bien des épreuves qui nous attendent. Nous les acceptons déjà. Car on y croit à ce chemin hivernal ! Autant à sa rigueur éprouvante qu’à sa beauté et son enchantement qu’il peut procurer.


Alors quoi de mieux à faire lorsqu'une autochtone vous préviens encore des difficultés à venir que de revoir, une énième fois, la liste du matériel dont nous allons avoir besoin pour parer à toutes les situations. Point important, nous avons essayé de conserver un maximum de matériel de notre précédente expédition que nous utilisons toujours aujourd’hui.


 

Voir la revue matos de fou publiée pendant Alaska Patagonie



 


Mais nous avons dû réinvestir dans certains postes d'équipements car en condition hivernale, une partie ne faisait pas l’affaire. Nous avons également pu bénéficier de dons matériels et dotations. Nous le mentionnerons à chaque fois. Quoi qu’il en soit, nous sommes impartiaux. On souhaite partir avec du matériel dans lequel on peut avoir 100% confiance car parfois, notre vie en dépend. Alors autant rester cohérent et critique. C’est parti.


PS: Pour les photos, il faudra attendre le retour. On n'a pas vraiment le temps de faire des photos du matériel avant de partir, on ne fait pas de showroom. L'important, c'est la référence. On met des renvois de liens vers presque tout le matériel si cela peut aider à visualiser l'équipement et à faire votre propre "marché".



 

Vêtements



On aurait pu commencer la revue matériel par les vélos, les fidèles, mais quand on s’est mit à repenser à notre conversation avec Inija, et à ce qu’elle nous avait décrit de l’hiver ne serait-ce qu’en Lituanie (plus en songeant à nouveau que nous avons l’ambition de rejoindre le cercle polaire arctique d’ici à la fin février 2023), on a tout naturellement commencé à faire une liste non-exhaustive des vêtements dont nous aurions besoin pour se parer de l’hiver.


D’un premier jet sur un bout de papier, on en est vite venu à un constat simple. Le paquetage risque d’être très volumineux. Aussi, avec une idée très précise de ce que nous souhaitions, on a d’abord contacté Columbia Sportwear qui nous avait soutenu tout au long de l’aventure Alaska Patagonie et pour de nombreux projets à plus ou moins courte durée depuis (traversée de l’Ardèche à vélo, de la Creuse, itinérance en Laponie en hiver, etc.). Nous sommes aujourd'hui ambassadeur de la marque Columbia mais attention, ce n'est pas parce que nous portons leurs vêtements, que nous ne sommes pas critiques, bien au contraire. On en profite ici pour remercier Christelle Bretaudeau qui croit en nous depuis le premier jour !


Sous-vêtements

Bon même si on adore Columbia, on leur a fait une infidélité. On a craqué et on a acheté des culottes et slips en mérinos de la marque Icebreaker. C’est un certain tarif, c’est certain, mais c’est un budget que l’on est prêt à dépenser pour le confort de nos parties intimes. 4 chacun pour avoir un roulement aisé pendant l’hiver. On ne pourra pas vraiment faire sécher nos culottes sur le vélo cette fois-ci. On ne va pas vous faire un cours sur la laine mérinos qui compose ces sous-vêtements mais sa maille ne garde que très peu de microbes. La laine mérinos a un effet antibactérien grâce à la surface écailleuse de ses fibres, qui ne convient pas aux bactéries génératrices d’odeurs. Donc même si vous transpirez, vous ne sentirez rien, ou presque !


Sous-couches

Nous avons chacun deux ensembles près du corps haut et bas de chez Columbia qui possèdent la technologie omni-heat infinity. Il s’agit de mini-points dorés situés à l’intérieur des près du corps qui réfléchissent la chaleur corporelle, un peu comme une couverture de survie. Dans une logique de 3 couches pour affronter l’hiver, ces premières couches ont fait leurs preuves et on est heureux de les avoir avec nous pour ce projet.


Deuxièmes couches

Nous avons chacun une polaire et une petite doudoune en duvet de chez Columbia également. Une bonne manière de superposer les couches et créer de l’isolation et de la chaleur. Jérémy, ce dandy, opte pour une polaire bûcheron Flare Gun™. Sophie, dans un style un peu plus sportif, opte pour une polaire Claudia Ridge™. Nous avons également embarqué nos gros pulls en laine d’Islande pour Sophie et du Svalbard pour Jérémy.

La doudoune devrait quitter le paquetage d'ici début décembre pour que l'on ne conserve que la grosse doudoune dont on vous parle dans quelques lignes.


Troisièmes couches

En troisième couche, vous vous en doutez bien, il nous faut une membrane bien imperméable. Là, on n’a pas hésité, on a demandé à Columbia leur veste Outdry ExReign que l’on a bien testé deux ans durant. Problème, ils ne la font plus en Europe, aujourd’hui la marque ne propose que leur membrane ultra Light Outdry. On les a testé, on ne les trouve pas très bien taillées et surtout on a peur qu’elles soient trop fragiles bien que l’on soit convaincu par l’imperméabilité de la membrane. On va chercher des branches, brindilles pour faire du feu, la mécanique avec, s’allonger par terre pour filmer parfois, bref on a peur que cette membrane “trop” légère perce vite. Aussi et surtout une membrane épaisse, c’est de l’isolation en plus. Alors exceptionnellement, Columbia en a fait venir d'ailleurs pour ce projet. On est un peu déçus qu'elle n'existe plus en Europe, c'est quand même une belle référence solide qui dure très longtemps !


Pour le soir, on a besoin d’être au chaud quand on aura posé le bivouac. Nous n’avons pas trouvé chez Columbia là doudoune qui nous conviendrait. C’est chez MountainHardwear que l’on a trouvé le bon modèle. Une doudoune d’expédition Phantom™ Parka. On a pris une taille au-dessus chacun pour avoir des mouvements libres et être capable de combiner les couches encore une fois.



De mon côté, Sophie, j’ai investi dans une jupe en duvet pour le soir ou les jours très froids. Je suis assez fragile au niveau des cuisses et j’ai eu quelques problèmes en Patagonie notamment à cause du choc chaud/froid créé au moment des feux de camp, je vais devoir faire attention et prendre soin de mes cuisses. Elles ont été fragilisées pendant ma traversée du Svalbard à ski pulka il y a 10 ans.


Bien-sûr, avec tout cet équipement, nous avons de bonnes moufles Mountain Hardwear, des bonnets, bandeaux, sous-gants, et une cagoule en cas de très grand froid.


Pour les chaussures, nous avons une paire imperméable pour le début du voyage. Des Peakfreak X2 Mid OutDry™ pour Sophie et pour Jérémy des Facet™ Sierra Outdry™.

Pour la suite qui s’annonce plus froide, il nous faut une meilleure isolation plantaire. On part sur des Bugaboot™ Celsius de chez Columbia qui possèdent la technologie omni-heat Infinity. On a prévu de se les faire envoyer en Lituanie par la poste. Mais on hésite encore avec nos SOREL. On se laisse un peu de temps de réflexion. L’avantage des Sorel c’est que le chausson peut être retiré et peut sécher indépendamment de la botte. Affaire à suivre. Vous aurez le fin mot de l’histoire à notre retour ! Ou en suivant nos publications !

Enfin, d’expérience, on sait qu’avec des guêtres même par temps sec, on augmente la chaleur au niveau des pieds et c’est agréable ! Donc nous en avons chacun une paire de la marque Black Diamond.



 

Vélo


Nos montures de fer, compagnons et amis. Nos « kratts » estoniens puissants de je ne sais quel ensorcellement mais qui vieillissent aussi bien que nous depuis des dizaines de milliers de kilomètres. Fidèles commis prêts à tout.


Vous l’aurez donc compris, pour ce nouveau projet de vélo autour de la mer baltique et sur près de 6000km jonché de glace et de neige, nous reprenons la route sur nos Genesis Longitude (2017 pour Sophie et 2018 pour Jérémy). Ils sont tout simplement robustes, endurants et présentent cet atout majeur d’être adaptables à toutes les situations.




Entendez par là que des inserts dans tous les sens permettent de monter n’importe quel accessoire (sur fourche, dans et sous le cadre, à l’arrière du cadre etc). Aussi et surtout, le cadre peut accueillir des sections de pneu de 26’’, 27,5’’ et 29’’. On a donc toute la liberté de rouler d’abord avec des pneus tout terrain (MAXXIS IKON 27,5’’ x 2,20 à tringle souple) avant de basculer sur des pneus hiver cloutés (Schwalbe Ice Spiker Pro 650B x 2,25 EVO). Nous gardons nos jantes de la belle époque d’Alaska Patagonie. Ce sont des DT SWISS M442 qui ont dans les dents plus de 35.000km des centaines de millier de dénivelé positifs et des centaines de millions d’impact sans que les jantes ne bougent d’un poil ! La preuve étant, encore dernièrement, lorsque nous avons dû changer deux moyeux (pour des raisons citées en dessous), et que les jantes lors du dé-rayonnage n’ont absolument pas vrillé. Ça nous a captivé un moment en atelier ! Tout simplement heureux de la robustesse de ces petits bijoux suisse !



Petite info logistique, nous garderons toujours nos pneus Maxxis dans le fond de nos sacoches au cas où il n’y a pas de neige ni de glace pour avoir une meilleure bande de roulement. Sur les surfaces bitumées, les pointes tungstène des pneus neiges ne s’usent que très peu, par contre, elles ralentissent énormément la cadence ! Et en parlant de roue, nous avons donc dû changer deux des quatre moyeux que nous avions sur le projet Alaska Patagonie. Sophie remplace l’arrière (Shimano Deore XT) après qu’il fut cassé au niveau des inserts rayons et Jérémy change son moyeu dynamo avant (Shimano Deore XT aussi) qui ne fonctionnait plus depuis des années (la dynamo ne rendait plus d’électricité après que des câbles furent arrachés). Il change contre un moyeu SON.


Partir avec le cadre Genesis Longitude, c’est donc prendre la route avec un vélo acier, facilement réparable en cas de casse majeure (soudure, brasure, etc.). Et avant de parler de possible casse, l’acier reste cette matière plus flexible que l’aluminium ou le carbon et donc plus résistante à savoir que nous allons devoir charger la mule cet hiver pour nos autonomies. Seul bémol de ces cadres qui commence à prendre de l’âge et du kilométrage, c’est l’usure. Les pauvres, sous le joug d’un sévère usage, commencent à rider !


Avant de parler consommable du vélo, on a poncé très légèrement le vélo au papier de verre (grain fin) et surtout sur les zones qui commençaient à rouiller. Faut dire qu’on y est pas allés de main morte dans le Salar d’Uyuni… Les vélos en portent encore les stigmates. Surtout dans les tubes des cadres et dans les inserts et lieux de serrages (type étriers de frein). Une fois poncés, on a tout simplement bourré les tubes et les zones rouillées de Rustol (pas trop glamour sur l’étiquette mais qui a le chic de traiter la ferraille et de la protégée de récidives de rouille) avant de vernir les vélos une journée de séchage plus tard (intérieur des tubes compris) pour protéger les cadres. Avec un peu plus de budget, on aurait peut-être dû sabler les cadres et les repeindre entièrement. Arf !!! God damn budget !


Ensuite, on rentre dans le détail. Et comment faire sans citer les hommes prêts à tout pour aider des cyclistes dingo à préparer leurs vélos de voyage ? Maxime, Pierre et Yvon de Cycles13 (référencé toujours sous leur ancien nom “Cycles Sport urbain” sur leur site internet mais le site est en cours de modification) sont toujours à nos côtés pour faire ce peu ! À eux trois, ils représentent LE trio hard rock d'ultra passionnés qu’il vous faut pour vous aider à faire un montage à vos goûts ! Et ce n’est pas rien à savoir tous les échanges qui entourent la réussite de la préparation d’un bon vélo d’aventure, et entre autres de Buck et de Nanuk (on n’oublie pas les noms de nos vélos non plus) ainsi que les gestes précis qui nous accompagnent lors du montage.


On a donc profité d’avoir mis les vélos à nu (pour les passer à l’antirouille et au vernis) pour faire une liste non exhaustive de tous les consommables du vélo qui méritaient d’être changés. La contrainte que nous imposons aux vélos cette fois, en plus d’être endurants, c’est d’être résistants face au froid, à l’humidité et à la glace. Car nous avions eu beaucoup de soucis en hiver au Canada et en Patagonie. Entre autres avec des gels de câbles de frein et de vitesse. Donc cette fois-ci, on a demandé à la team Cycles13 de ne pas lésiner sur les moyens. Parer l’humidité et le gel : c’est notre contrainte numéro 1 ! A défaut de mettre notre budget dans une nouvelle peinture, on le mettra dans ces petits détails…


Gaines de frein et de vitesse téflonnés Jagwire. Embouts de gaine étanches Jagwire (peut-être un des détails les plus importants à savoir que si de l’eau et de la crasse infiltrent les gaines, on se trouve privé de changement de vitesse et/ou de freinage). À l'époque, il fallait allumer un feu matin, midi et soir pour dégeler tout ça. Nouveau jeu de direction et boîtier de pédalier (Shimano). Nouvelles plaquettes de frein acier (meilleures durée de vie en comparaison avec les plaquettes fibres) bien que nous gardons les étriers de frein AVID BB7. Tirage câble, entièrement mécanique. Franchement très fiable et précis et surtout ultra durable. On a juste fait un entretien complet qui nous aura pris un jour entier pour ce poste, pour s’assurer de leurs bons fonctionnements. Dans la liste des choses que nous conservons sont les gâchettes de frein AVID et manettes de vitesse Shimano Deore XT. La précision extraordinaire de ceux-là est largement recommandable. Facilité d’entretien, d’ajustement et durabilité du matériel. Seule Sophie se sépare de sa manette de vitesse pour la remplacer par une poignée manette rotative SRAM GX 11 vitesses à cause d’une tendinite récurrente à la main droite et qui l’empêche d’utiliser son pouce sur la manette Shimano.


Jérémy garde sont groupe de transmission Shimano Deore XT 11 à l’arrière (11-42) et 3 plateaux devant (22-30-40). Sophie, quant à elle, change sont dérailleur avec sa manette rotative contre un dérailleur SRAM GX 11 vitesse.


Nous gardons les mêmes porte-bagages arrière (Jérémy Zéfal (30kg max) - Sophie Tubus (35kg max)). En ce qui concerne Jérémy, il a un ensemble sacoche cadre et cintre Revelate Design et Sophie garde ses sacoches de cadre Oveja Negra et son panier avec sa sacoche sur-mesure à l’avant. Les fourches de nos deux vélos accueilleront des cages de la marque Blackburn pour porter des sacs étanches N°0 Guy Cotten 7L. À l'arrière nous échangeons nos bonnes vielles sacoches Back Roller Classic contre des Ortlieb Back Roller Plus (2x24l). La même taille qu'avant mais plus légère car en cordura plutôt qu'en toile cirée. Et le clou du spectacle du chargement, c'est bien sur le sac étanche dans lequel devra tenir notre sac de couchage grand froid : un Seal Line 50l pour Jérémy et un Miltec 50l pour Sophie. Volume d'ensemble approximatif avec quelques sacoches accessoires : 129 litres par personne ! Et oui, l'hiver ça se mérite mesdames et messieurs.


Changement principaux à noter. Nous optons tous les deux pour des nouveaux cintres. Sophie prend un H-bar de chez Jones (angle 45°, 660mm) et Jérémy opte pour un Surly Moloko (angle 34°, 735mm). Ces cintres offrent beaucoup plus de positions de prise de main pour les longues journées de lignes droites dans le Nord. Aussi et surtout, ils ont un angle rentrant qui a pour effet direct de relever les épaules des pilotes et donc de moins êtres avachis en avant sur le poste de guidage. On est redressé, on respire mieux, on a moins mal aux poignets, et hop, ça roule 6000 bornes en plus ! En plus des cintres nouveaux, on reprend tous les deux des poignées Ergon GP1 (plastique pour Sophie et liège pour Jérémy), accessoire incontournable pour le long cours à vélo.


Pour la sécurité, nous aurons deux casques dotés généreusement par la marque Abus. Ce sont des Moventor 2.0 qui bénéficient de la technologie MIPS. Les casques typés enduro avec leurs formes spécifiques et avec la visière ont aussi un atout dans notre usage, ils ont un loquet sur l’arrière du casque pour pouvoir positionner un strap d’un masque vtt. Et comme nous embarquons aussi un masque Julbo (merci pour la dotation!) pour le temps de blizzard dans le Nord, c’est un atout majeur pour ne pas que le strap glisse du casque.


Pour finir la revue Matos vélo. Quelques accessoires vélo indispensables que nous emmenons sont à noter :

​Nous partons avec des pédales plates MKS avec une grosse plateforme pour pouvoir pédaler avec nos bottes fourrées. Surtout ces pédales ont une finesse très bonne et une manufacture made in Japan très qualitative ! Durabilité, roulements sertis et et confort de pédalage assuré.

Nous avons une batterie de sangles d’attache ultra résistante de la marque VOILE STRAP. En 30 et 50 cm, ce sont les indispensables pour attacher du matériel sur les vélos ! On conseille ++++++

Nous gardons nos poggies HOTPOG de cintre pour avoir les mains au sec et au chaud pendant les gros temps et surtout pour couper du vent et du froid ressenti ! Seul détail et pas des moindres qui change concernant cet accessoire, c’est le fourrage ! L’ancien n’était pas démontable et en fibre synthétique sur base de nylon. C’était difficile à faire sécher et ça laissait beaucoup de poils synthétiques sur nos mains lorsqu’elles étaient humides. On a donc trouvé des peaux de moutons au rabais que des revendeurs du marché Saint Pierre à Paris déstockaient avant de les mettre à la poubelle ! On a alors fait appel à notre très bonne amie MARIE DAVAL, couturière de talentpour défaire l’ancien fourrage et créer un nouveau fourrage 100% naturel & démontable !

On embarque une graisse grand froid pour les rouages de la distribution (MUC-OFF). Marquée efficace jusqu’à -50 degrés, on vous tiendra au courant si elle l’est véritablement à la sortie de l’hiver !



Merci encore à Cycles13 de nous avoir laissé un poste de travail accessible dès que nous en avons eu besoin et surtout de nous avoir écouté (ce qui fait de vous une équipe tellement différente et exceptionnelle) et aidé malgré les délais très courts que l’on vous a imposés. Votre réactivité et votre passion à toute épreuve est une source d'inspiration extraordinaire ! Merci aussi à Yves Chaloin, Armel Vrac et Joffrey Maluski pour les conseils très avisés et bourrés d’expérience d’itinérance à vélo dans le grand froid. On ne fait qu’imiter nos pairs dans ce monde qui se répète sans cesse. Vos transmissions d’expériences nous ont été très chères dans cette préparation ! Merci encore à vous et pour ceux qui lisent ces lignes, n’hésitez pas à contacter toutes ces personnes pour vous aider à préparer votre vélo pour votre prochaine aventure hivernale !



 

Cuisine



Changer de réchaud ? Quoi ? J’ai mal entendu ? Vous pouvez répéter la question… ? Bien sûr que non m’sieur ! Un Primus, quand on l’acquiert, c’est pour la vie ! La marque fondée en 1892 fut une référence pour bon nombre d’explorateurs/ices avant nous et elle l’est toujours pour les nouvelles générations d’aventuriers/ières. Nous avions choisi le Primus Omnifuel II en 2016 avant de prendre la route pour les Amériques. Le réchaud à résister aux 30.000km de cette épreuve de deux ans et demi. Un entretien régulier dessus nous a permis de le garder intact jusqu’à aujourd’hui.


La pompe est efficace comme au premier jour. La base du réchaud en parfait état. Nous avons seulement fait appel au très bon SAV de la marque pour changer la cloche du brûleur qui était défectueuse à la base. La pièce est arrivée dans notre boîte aux lettres, sans frais, quelques jours plus tard. Nous avons aussi dû changer la gaine reliant la pompe au brûleur pour cause d’une petite fuite et il est important de signaler que toutes les pièces (consommables) du réchaud peuvent se trouver directement sur le site de primus. Et si vous avez une question qui vous taraude, les équipes de Primus sont très réactives par email.


Seul véritable changement pour cette aventure hivernale, c’est le volume de la bouteille de carburant que nous souhaitions plus grande pour plus d’autonomie. Nous avons opté pour une bouteille d’un litre contre l’ancienne de 0,6l qui aurait pu s’avérer insuffisante pour un usage hivernal intense.


On s’encombre aussi d’un accessoire supplémentaire qui pourra faire la différence dans la neige. On embarque avec nous un Primus Stove Paw Ti. Ni plus ni moins qu’une base triangulaire pliable pour ne pas que le réchaud s'affaisse dans la neige lorsqu’il brûle. Ce sont les petits détails qui comptent dans la préparation d’une hivernale !


En ce qui concerne la popote, nous avons dû racheter un set de cuisine car le notre devenait défectueux, tout du moins tordu. L’acier inox a force d’usage quotidien s’est déformé donnant une forme ovale à l’ancienne gamelle. Mais c’est un moindre mal pour une popote qui nous a permis de cuisiner pour deux depuis tout ce temps ! (popote qu’on utilise toujours à la maison aujourd'hui). Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, nous reprenons une popote GSI Glacier Stainless Dualit. Les gros avantages étant le volume pour deux (1,6l) et surtout le matériel utilisé par la marque : de l’acier inoxydable. Autrement dit, on peut mettre la popote dans le feu si on allume un feu de bois, et ça ce n’est pas négligeable quand on s’est qu’on ne peut pas le faire avec les popote carbon, ou ultra légère avec surface spéciale pour que la nourriture ne colle en fond de popote.


On embarque aussi deux Opinel. Un numéro 10 pour être plus précis et un numéro 12 explore qui sert pour les grosses tâches (type débit de bois etc.) et qui propose quelques accessoires pas négligeables comme une grosse pierre de feu, un sifflet de détresse et un crochet coupant. Il s'agit d'une dotation de la marque pour le numéro 12.



 

Dodo

La révolution est en cours. Partir en hiver, cela signifie chercher une tente 3 places. Pourquoi ? Parce que les duvets sont carrément plus épais et larges. On ne va pas pouvoir partir avec notre Hubba hubba que l’on aime bien et qui nous sert toujours aujourd’hui sur du bivouac 3 saisons voire aussi en hiver quand il ne fait que -10 degrés. Là, on a besoin d’une maison plus solide encore, avec une toile plus épaisse pour retenir la chaleur, des arceaux plus robustes en cas de chute de neige qui ajouterait du poids à la toile, et bien entendu plus de place pour ne pas que les duvets soient en contact avec la toile de tente et éviter ainsi la condensation. Après une longue et difficile enquête et après avoir échangé avec de nombreux cyclistes, on a porté notre dévolu sur la Mark III montagne de chez VAUDE. On a contacté la marque et ses représentants en France et nous avons réussi à obtenir un échange de bon procédé avec eux. On achète la tente, mais la marque s’engage à nous acheter quelques photos pour nous aider dans notre démarche. On peut donc considérer cette tente comme une dotation. On a hâte de la tester et on espère bien qu’elle sera efficace pour cet hiver. Concrètement, c’est une tente qui se monte avec le double toit, donc en cas de précipitation, on n’a pas peur de mouiller l’intérieur. On voulait une tente avec deux absides comme la MSR, chacun son espace pour stocker son matos. On a hâte de la tester et de vous faire un bon retour d’utilisation en plein hiver.


Pour ce qui est des duvets, on part nécessairement avec le plus chaud possible. Des MountainHardwear Phantom™ Gore-Tex® -40F/-40C. Il s’agit d’un soutien de Columbia qui nous a acheté ces duvets. Les deux marques font partie du même groupe. On ne sait pas à quoi s’attendre au niveau des températures pour la partie estonienne puis scandinave. Autant avoir trop chaud que trop froid. On sait par expérience que les températures peuvent descendre jusqu’à -30°C voire moins plus on s’approchera du cercle polaire arctique. On conserve nos draps de soie ADAPTOR de chez Sea to Summit ainsi que nos oreillers également Sea to Summit.

Pour les matelas, on a eu une dotation de cette même marque, Sea to Summit: Des Comfort plus insulated. Il sont beaucoup plus épais et mieux isolés que nos précédents matelas (Ultra Light insulated) que l’on utilise toujours aussi dans d’autres bivouacs. A priori, avec ces matelas, on n’aura pas besoin d’avoir une couche en plus isolante sous le tapis. A voir.


Nous emportons aussi une couverture de survie réutilisable, simple précaution. Nous conservons également nos tapis de cul. Cela peut être une couche d’isolation supplémentaire à placer sous le tapis de sol au niveau des fesses. De petites boules Quies parce que les nuits sous la pluie a ne pas réussir à s’entendre ça va deux secondes.

 

Photo-Vidéo



ÉQUIPEMENT DE SOPHIE

En 2017, j’étais partie avec un Canon 5D mark III, un objectif 24-105mm et un fixe de 40mm pancake 1.8. J’avais renoncé à prendre un téléobjectif en raison du poids du matériel que j’avais déjà. C’est le gros point noir de mon ancien boîtier. Tout pesait un âne mort. J’ai regretté mon téléobjectif tous les jours du voyage Alaska Patagonie. C’est un magnifique outil pour faire ressortir des perspectives et insister sur un détail sans oublier la possibilité de filmer ou photographier un peu mieux la faune. En avant Sophie, il est temps de passer à autre chose ! Et cette autre chose c’est …. Le Canon R5 !

Je vais vous laisser faire vos recherches sur ce boîtier et tous les articles ou vidéos qui le comparent au Sony ou autres marques. J’ai une confiance presque aveugle dans cette marque et sa robustesse. Et surtout j’aime son image et son rendu. L’inconnue reste bien évidemment sa résistance au froid mais nous verrons cela assez vite. Vous aurez mon retour d’expérience dans notre revue matériel à notre retour.


J’embarque avec ce boîtier mirrorless plein format, un RF 24-70mm 2.8 et un RF 70-200 mm 4.0 ! Le téléobjectif RF ne pèse que 500 grammes. C’est deux fois et demi moins que mon ancien EF. Révolution. J’ai opté pour le 4.0 car il est plus léger et moins cher que le 2.8 pour quasiment les mêmes capacités. Comme j’ai déjà une belle ouverture sur l’autre objectif, je vais me préserver en évitant d’avoir trop de poids vidéo !

Sur mon boîtier, j’ai rajouté une protection en silicone, efficace contre les poussières, projections et petits coups possibles dans le vélo. Chaque objectif est équipé d’un filtre de protection que je peux enlever en cas de besoin selon les prises de vue. J’ai pris 4 batteries pour avoir une assez bonne autonomie. Le R5 consomme plus que le Mark III. C’est logique car il y a plus d’électronique dedans.


J’emporte avec moi un trépied Vanguard photo aux références suivantes: KIT TRÉPIED PRO ALU VEO 3GO 265HAB (ALTA BH-102). J’aurais pu opter pour une rotule vidéo mais je tiens à limiter mon poids de chargement. J’ai pensé le tournage en fonction de ce point. Je ne ferai jamais de panneaux. J'épure mon tournage , je me crée un style vidéographique et j’assume ce principe de réalisation qui a du sens dans cette thématique « Homme/Nature » où je souhaite ancrer le paysage avec un maximum de plans fixes. Ce qui n’est pas évident quand on part à vélo. Le trépied pèse 1.6kg et est assez compact pour se glisser sous mon panier à l'avant du vélo. Il est plus lourd que l’ancien, mais plus stable. Je vais rajouter de la guidoline sur les pieds pour avoir une prise facile et éviter le contact froid avec la matière même avec des gants. On verra ce que ce pied donne sur le terrain. Il s’agit d’une dotation de la marque.


Tout ce matériel est rangé dans ma super sacoche que j’ai acheté à San Francisco pendant notre précédent voyage. Toujours fonctionnelle, une amie (Marie Daval, la couturière de talent qui s’est aussi occupée du fourrage de nos poggies) a simplement remplacé la fermeture éclair car l’ancienne venait de casser. Rien ne change à ce propos.


SON

Pour les besoins du tournage, nous partons avec plus de matériels de prise de son qu’avant. Nous emportons avec nous un kit micro Cravate HF Sennheiser EW 112P G4 pour réaliser les interviews. Un micro canon Rode, le même que Alaska Patagonie. Et un Zoom H1N pour de la prise de son indépendante. C'est une manière de faire vivre l’immersion par le son, en plus de l’image. Enregistre les crissements de la neige sous nos pneus, le clapotis de l’eau aux bords de rivières gelés, le vent de la taïga etc. Cela reste du matériel léger, peu encombrant. Je pense qu’il faudra garder le Zoom bien au chaud pour éviter qu’il ne gèle de trop. Ses micros ont l’air fragiles.


ÉQUIPEMENT DE JÉRÉMY

Jérémy a investi dans un nouveau drone et revendu celui de Alaska Patagonie. Il part avec le DJI Mavic 3 et une radiocommande DJI RC. Cela nous a fait tout drôle de changer et de voir les progrès réalisés depuis 2017 en termes d’image et de rendu ! On a hâte de tester ce drone dans les paysages baltes. On va devoir rendre les plats reliefs du pourtour de la mer baltique, le paysage non-montagnard par excellence, sexy. Défi lancé ! Le drone est un très bon atout pour cela. Surplomber les cîmes des arbres, découvrir des méandres gelés et donner de la profondeur un objet à travers des nuages bas (des cumulus ou des stratus épais) est une chose. De s’immerger avec des plans travelling au coeur de la forêt soulignera aussi le côté mystérieux des cultures des pays baltes que l’on souhaite filmer. Encore une fois nous allons utiliser cet appareil avec parcimonie. On ne veut pas en faire tous les jours par principe de sélectionner les meilleurs plans à travers nos “meilleurs expériences vécues sur la route”. Aussi, nous savons que le drone est un objet volant bruyant qui peut perturber l’environnement naturel et la quiétude d’une forêt et de ses habitants. Nous l’utilisons toujours avec le plus grand respect de notre environnement. Jeremy part avec 3 batteries car dans le froid, il faut s’assurer par du beaucoup de back up ! On est pas à l'abri de chute d’énergie éclairs avec les températures négatives. On vous dira comment réagit le matériel dans ce type de conditions à notre retour.



 

Accessoires & co

  • Leatherman signal (intégrant jeu de tournevis plat et cruciforme - matériel utilisé sur le projet Alaska Patagonie)

  • Une trousse à outil minimaliste pour le vélo (un jeu de clé à Allen 2 à 6 mm, un adaptateur pour resserrer une cassette 11v, un coupe câble, un dérive-chaîne, une clé de rayonnage, un rouleau de scotch 3M, un lot de serre flex)

  • Une trousse à pharmacie pour répondre aux besoins urgents de base (stéristrip, désinfectant, antibiotique à spectre large, etc.)

  • Une couverture de survie réutilisable

  • Une pelle à neige

  • Un briquet tempête Primus

  • Un carnet d’écriture avec reliure cuir et un stylo ! (cités en fin de ce dossier, ce sont en réalité les premiers objets que l’on pense à embarquer !!!!)

  • 2 tapis de cul thermarest (utilisé sur Alaska Patagonie)

  • 2 frontales ledlenser type MH10 (ancienne dotation Alaska Patagonie)

  • 2 masques Julbo Session MTB en prévision des gros temps dans le blizzard du Nord offerts. parla marque.

  • 2 paires de lunettes Julbo avec verre Reactiv 0 à 3 offertes par la marque

  • Une scie pliante pour le gros débit de bois

  • Une paire de jumelle Nikon Monarch M5 12x42

  • Un vide poche du RQR (a.k.a. le Rouquin Qui Roule) qui nous avait été très gentiment doté par l’éco-marque bretonne il y a trois ans et qui ne quitte plus nos cintres. Merci à eux !

  • Des livres et encore des livres ! On embarque de la lecture avec nous, c’est si important, peut-être même la base de tout… Et comme on n’est toujours pas converti au Kindle, on accepte d’emmener quelques ouvrages avec nous. Le support papier à tellement de charme. Il faut bien que ce charme pèse un peu ! Nan ? On dit bien que le poids de l’âme est de 21 grammes, alors celui de la culture de milliards d’être humain peut bien rajouter 1 ou 2 kilos dans nos bagages ! Sophie emmène “les derniers païens” de Sylvain Gouguenheim, “à l’est des rêves” de Nastassja Martin et Jérémy se charge de l’homme qui savait la langue des serpents” d’Andrus Kivirähk. Autre ouvrage toujours dans les bagages de Jérémy, “Le guide du chasseur de nuages” de Gavin Pretor-Pinney, une des bibles des nuages qui va nous permettre d’observer avec un oeil scientifique et romantique le brumes des pays balte. Des écrits de Philippe Descola arrivent également par colis début décembre en Lituanie pour Sophie.


Quoi ? Vous êtes encore là ? Vous n'avez pas décroché ? Chiche ! Si c'est le cas, envoyez-nous un message pour nous dire à quel point vous avez adoré découvrir notre liste qui nous a pris bien des semaines à pondre. Oui. C'est un sacré travail ! Et vous l'avez vu, il manque un sacré pâté de photos que l'on a été incapables de faire avant de partir tant la charge de travail est lourde. Mais comme dit au début, l'important c'est la référence, on s'en fiche du reste. On souhaite cette revue aussi exhaustive que possible pour aider toutes celles et ceux qui en auraient besoin. On part de Hambourg, le coeur léger, les sacoches lourdes. Et pour celles et ceux qui se demandent combien pèsent nos vélos, on n'en sait rien ! Parfois il vaut mieux ne pas savoir, juste ressentir et y aller quand même. Souhaitez-nous bonne chance.


Sophie & Jérémy


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